Retentissement chondral des activités sportives

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Introduction:

Le sport intensif favorise l’arthrose.

Les lésions chondrales sont plus fréquentes dans les disciplines avec brusques changements de direction.

La dégradation cartilagineuse est nettement aggravée par les traumatismes articulaires

L’activité physique modérée, variée, peut participer à la prévention et au traitement de l’arthrose.

L’exercice entretien les qualités mécaniques du cartilage, la force musculaire et la mobilité articulaire.

Les disciplines comme le vélo, la natation, l’aquagym, le stretching et même la musculation ou la marche se révèlent souvent bénéfiques.

L’exercice physique intensif a démontré son agressivité envers le tissu cartilagineux

De nombreuses études constatent un taux élevé d’arthrose du genou chez les sportifs de haut niveau pratiquant le foot, le rugby, le basket, la lutte, le judo, l’haltérophilie et la danse (3). Au sein d’un groupe de footballeurs âgés en moyenne de 35 ans, 60% présente des signes d’arthrose de cheville contre 6% dans la population générale. Le membre supérieur n’est pas épargné. Bien que l’épaule ne soutienne pas le poids du corps, elle se montre fréquemment arthrosique chez les nageurs et les basketteurs. De façon plus générale, 50% des anciens athlètes de haut niveau âgés de 50 ans souffre d’arthrose contre 30 à 40 % des sédentaires du même âge. Enfin, la «hanche du footballeur » est une entité particulière. L’os sous chondral est densifié, des ostéophytes apparaissent, pourtant l’épaisseur du cartilage est conservée. Pour certains, ces images mettent en évidence un revêtement articulaire érodé mais gonflé d’oedème !

Les lésions chondrales sont favorisées par d’importantes contraintes mécaniques.

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Lors de l’appui monopode, Pauwels a mis en évidence que la coxofémorale se comporte comme une balance. Le moyen fessier soutient le bassin et le buste malgré un bras de levier défavorable. Il en résulte une pression articulaire égale à 4 fois le poids du corps. Lors de l’activité sportive, le phénomène s’accentue car le tronc bascule fréquemment loin de la coxofémorale. De plus, il faut ajouter la pression résultant de chaque réception. En trottinant à 12 kilomètres / heure, le pic d’impact est déjà égale à 3 fois le poids du corps.

La structure chondrale tolère mal les cisaillements et les rotations. L’empilement des chondrocytes est conçu pour résister aux contraintes en pression. Les sports intégrants de vifs changements de direction et des torsions se révèlent particulièrement nocifs.

Les traumatismes inhérents à la pratique sportive sont des facteurs aggravant. Ils favorisent les arthroses précoces en cas de poursuite de l’activité. Les méniscectomies augmentent considérablement les pressions chondrales. Les chocs articulaires directs mais aussi les entorses provoquent des impactions cartilagineuses responsables de lésions mécaniques et inflammatoires. Les laxités chroniques séquellaires, même asymptomatiques, entraînent des micromouvements qui érodent le cartilage.

Certaines anomalies constitutionnelles augmentent le risque d’arthrose en cas de pratique sportive intensive. C’est le cas du genu varum fréquemment rencontré chez les adeptes des sports en charge. C’est le cas de l’hyperlaxité souvent retrouvée chez la danseuse ou la gymnaste.

Une activité physique adaptée peut être bénéfique pour le cartilage.

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Le repos strict a prouvé sa nocivité pour le cartilage. Le revêtement chondral s’amincit. Les fibres de collagène ne sont plus orientées dans l’axe des contraintes. La surface articulaire devient irrégulière avec des concavités puis des ulcérations aux points de contact avec la pièce osseuse en regard. A l’inverse, une activité physique bien menée exerce un effet pompe sur le tissu cartilagineux avasculaire. Il favorise sa nutrition par imbibition. Les roulements-glissements effectuent un véritable alésage, appelé

 

 

 

Quel sport pour le cartilage ?

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Pour préserver le cartilage, il est d’usage de proposer des sports pratiqués dans l’axe des articulations. Des activités «analytiques » types cardiotraining sur appareils, musculation, gym d’entretien, stretching doux et même randonnée ou jogging sont possibles. Elles sont préférables aux disciplines plus ludiques telles les sports de raquettes ou de ballon. Pour les inconditionnels du football ou du tennis, il est indispensable d’encourager une «préparation articulaire » grâce à des pratiques plus analytiques. Les activités sportives doivent être modérées. Trois à quatre séances hebdomadaires de 30 minutes à 1 heure semblent optimum. Il est préférable de diversifier les disciplines afin de mieux répartir les contraintes articulaires. Varier ses activités permet de diviser les risques et de multiplier les bénéfices ».

En cas d’arthrose débutante (1), l’alésage articulaire, l’imbibition chondrale, le renforcement musculaire et l’entretien de la souplesse reste conseillé. Il est nécessaire de réduire les pressions et de proscrire les torsions. Les disciplines «portées », sans changement de direction peuvent être proposées. Le vélo, la natation ou l’aquagym se révèlent le plus souvent bénéfiques.

 

 

 

 

 

Bibliographie

1 – BUCKWALTER J et coll. Aging, sports and ostéoarthritis. Sport Médicine and Arthroscopy Review 1996 ; 4 : 276-287

2 – ETTINGER H. et coll.JAMA 1997 ; 277 ; 25-31

3 – VIGNON E. L’arthrose Paris, Ed Pharmascience, 1999.